Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 00:46

  Le couinement de la petite éolienne d'appoint dans la cour réveilla Kikou de sa sieste. Par la fenêtre, il aperçut la lumière du jour qui commençait déjà à décliner.
  Il se leva, s'étira puis ramassa ses bottes de cuir qui gisaient sur les planches disjointes et poussiéreuses de la grande pièce, simplement meublée de son lit, d'une table et de trois chaises en bois grossier, ainsi que d'un antique réfrigérateur qui fonctionnait épisodiquement. Kikou en ouvrit la porte et resta quelques instants devant pour profiter un peu de la fraîcheur puis il attrapa une bouteille remplie d'eau et la but avidement. Comme d'habitude la chaleur était accablante et il s'était réveillé en sueur.
  Il sortit le bidon d'eau qu'il avait préparé et entreprit de vérifier le contenu de son sac : une paire de cisailles, une lampe torche, deux pistolets Glock 18 et un Kimber rangé dans un holster. Il avait trouvé ce dernier dans une voiture de police abandonnée alors qu'il fouinait dans les innombrables épaves qui jalonnaient la route d'état. Personne ne viendrait le lui reprocher. A la suite de l'épuisement des ressources pétrolifères, des émeutes puis des guerres avaient déchiré le pays. L'État, l'armée, la police, tout cela avait disparu. C'était à chacun de se débrouiller pour assurer sa survie.

  Il rangea son équipement dans le grand sac en nylon qu'il se mit en bandoulière et sortit. Le soleil se préparait déjà à disparaître derrière la crête des hautes montagnes. Devant lui le désert, de la terre grisâtre et sèche, des cailloux avec ça et là des buissons rabougris de mesquite et des cactus Saguaro. Il ajusta sa casquette usée où l'on distinguait en majuscules un E, un 7 et un S, et commença la longue marche qui devait le conduire au ranch de Seb Coe.
  Au bout d'une heure il était déjà fatigué mais avec la nuit, la température allait baisser un peu et il ne pouvait se permettre de renoncer. Ce Coe, il le savait pour l'avoir longtemps espionné, devait être l'un des derniers dans le secteur à détenir du carburant qu'il conservait dans les citernes jouxtant sa maison. Personne n'osait s'approcher en raison des clôtures et des pièges mais Kikou savait qu'il avait une chance, à condition de profiter de la nuit et de l'effet de surprise.

  Après cinq heures d'une marche éreintante, Kikou reconnut à la lumière de la lune la petite ferme. Autour d'elle s'étendait un véritable champ de débris divers, des restes de plomberie, des pièces de moteur et des carrosseries mangées par la rouille. Il sortit ses deux Glocks, les mit en position semi-automatique et éteignit sa lampe torche. Arrivé à la clôture, Kikou posa doucement ses armes sur le sol, sortit la paire de cisailles du sac et avec précaution sectionna les fils barbelés de la clôture afin de se dégager un passage. Il ramassa les pistolets et se glissa jusqu'au seuil. Alors qu'il s'apprêtait à défoncer la serrure d'un coup de pied, un hurlement retentit derrière la porte : « Sale enfoiré de pilleur ! Tu vas goûter de ma carabine et tu vas .. ». Kikou ne lui laissa pas achever sa phrase et fit feu à travers la porte. Le vacarme des rafales ne dura qu'un instant puis un lourd silence prit le relai.

  Alors que les premières lueurs de l'aube apparaissaient, Kikou se dirigea vers les citernes et , sous une bâche, découvrit un pick-up qui semblait en état de marche.
  Il sourit, tout cela était à lui à présent.

Par Hux-law
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